Construction d'une maison passive et durable en Lorraine
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Voici un document intéressant (combiné à celui-ci) pour tous les acteurs de la construction qui vont devoir tenir compte de la RT2012. Le sujet principal concerne les bâtiments collectifs mais les constructeurs de maisons individuelles y trouveront leur compte également. A télécharger sur l’excellent site d’Enertech.

Quelques passages choisis :

Chauffage
Règle d’or : ne jamais surdimensionner les installations pour ne pas dégrader le rendement

1°C de plus induit une surconsommation de 15 à 20% dans les bâtiments performants

Mauvaise étanchéité à l’air – Insuffisance de conception
L’étanchéité à l’air : d’abord un problème de maître d’œuvre.
1 – d’abord un « bon dessin » : il faut une continuité totale de l’étanchéité. En rénovation, on est moins libre, mais on doit soigner les détails
2 – la fin du joint au pistolet!
En conférence à Grenoble Walter Unterrainer a déclaré devant 250 architectes « médusés » :
« Chez nous, en Autriche, le joint au pistolet commence là où l’intelligence s’arrête »

J’ai participé il y a quelques semaines à une réunion de futurs propriétaires du nouvel éco-lotissement de Distroff (beau projet dont je vous reparlerai sans doute). J’ai tenté de partagé mon expérience de maître d’ouvrage dans la construction de cette maison tout en répondant aux interrogations des participants. Voici les réflexions que je me suis faites après cette rencontre.

Alors que j’ai rapidement fait le choix de construire un bâtiment passif, au moment du dépot de permis de construire j’aurais pu choisir de faire une maison au standard RT2005. Aujourd’hui, la donne est différente. La RT2012 devient la nouvelle réglementation thermique et le bâtiment que vous allez construire devra répondre aux critères de l’ancien label BBC2005 (avec quelques adaptations par rapport à celui-ci). Si vous vous êtes un peu renseigné, la marche pour la plupart des entreprises/artisans est gi-gan-tesque.

Je lisais récemment que 71% des bâtiments construits selon la RT2005 (en 2007) ne sont pas conformes à cette réglementation, essentiellement parce qu’il n’a pas été réalisée d’étude thermique (obligatoire). Les 2/3 des maisons ayant fait l’objet d’une étude thermique présentent une consommation conventionnelle d’énergie entre 150
et 200 KWh/m².an. La RT2012 vise 50 KWh/m².an (à moduler selon les zones climatiques).

La marche est gigantesque. Non seulement, l’objectif thermique passe de 230-150 kWh/m².an (garde-fou) à 50 kWh/m².an mais on constate en plus qu’en majorité les bâtiments qui ont été construits ne sont pas conformes à la réglementation en vigueur.

Plus encore qu’avec la réglementation thermique 2005, les artisans du bâtiment ne sont plus seulement contraints de répondre à une obligation de moyens mais doivent désormais se soumettre à une obligation de résultats. Bien. Mais le test étanchéité à l’air, principal témoin de la rigueur d’exécution dans ce domaine ne sera pas obligatoire pour tous. Ainsi, le constructeur qui justifie d’une démarche de qualité de l’étanchéité à l’air du bâtiment auprès du ministère en charge de la construction ne devra pas s’y soumettre. J’encourage les futurs maîtres d’ouvrage à ne sélectionner tout d’abord que des constructeurs qui s’engageront contractuellement à atteindre ce résultat.

L’étanchéité à l’air a un impact important sur la consommation de chauffage (fuites) mais elle influe également directement sur le rendement d’une ventilation double-flux. Une bonne étanchéité à l’air ne coûte rien. Elle impose une réflexion sur le système constructif qui permet d’assurer une continuité de l’enveloppe la plus simple possible (sans user de la mousse polyuréthane… ). Et elle impose une mise en oeuvre rigoureuse.

En ce qui concerne le coût des maisons RT2012, on parle d’un surcoût entre 5 et 20 %. Mais par rapport à quoi ? Par rapport au 2/3 des maisons non-conformes à la RT2005 ?
On peut lire sur PassivAct :

la RT2012 permet de choisir entre des bâtiments de mauvaise qualité mais dotés, entre autre, de systèmes actifs de chauffage très efficaces ou des bâtiments performants avec des systèmes de chauffage rudimentaires. Les constructions passives sont proches de cette dernière variante et présentent donc des coûts similaires. Avec cette option, les frais d’installation des systèmes de chauffage sont beaucoup plus faibles, ceux de fonctionnement sont en chute libre, les frais d’entretien sont presque inexistants et ceux de remplacements des matériels vétustes deviennent pratiquement nuls.

Aujourd’hui plus qu’hier, il me semble facile de choisir de construire une maison passive. On est quasiment au même coût de construction avec un concept qui a fait ces preuves. Le choix du constructeur/maitre d’oeuvre en sera simplifié : il faut rechercher l’expérience et la garantie du résultat (certification ou Blower door test par exemple).

Contrôler le coût de construction peut se faire différemment que par le choix de l’objectif de performance thermique. Faire une conception simple sans complexité superflue est plus économe que de vouloir réduire le niveau d’isolation. Une maison « pas-chère », c’est avant tout une maison bien conçue. Construction simple – systèmes simples -sans suréquipement.

En terme d’investissement, construire le bâtiment de demain plutôt que le bâtiment « réglementaire » me semble être le meilleur choix.

Pour terminer, voici un document qui présente une image « qualitative » globale de la construction à l’heure actuelle. Il s’agit d’un rapport publié en juin 2012 par L’Agence Qualité Construction qui met en avant tous les problèmes relevés sur 211 bâtiments basse consommation. Manques de compétences, travail « vite fait », manque de volonté, mauvaise conception, etc… C’est un bon document pour discuter avec votre futur constructeur !

 La seule construction d’un bâtiment BBC traditionnel consomme autant d’énergie que son utilisation pendant 30 ans. Alors que les politiques publiques mettent aujourd’hui l’accent sur la construction de bâtiments économes en énergie, l’enjeu de demain se situe sur les éco-matériaux.

A lire sur : Cleantech Republic.

Les prochaines exigences durables pourraient également aller vers davantage d’éco-construction.

A lire sur  DOMOCLICK

 

A lire sur maisonapart.com : « Une maison isolée jusqu’aux moindres recoins« .

En Alsace, des entreprises locales se sont réunies pour construire une maison « idéale », passive, confortable été comme hiver et isolée de manière pointilleuse. Derrière le bardage en mélèze, se cache un bâtiment où aucun détail n’a été laissé au hasard pour atteindre des performances thermiques exemplaires.

Suite de l’étude d’Enertech sur la conception des bâtiments BBC avec aujourd’hui, l’eau chaude sanitaire.

Olivier Sidler constate une mauvaise conception des installations étudiées : surdimensionnement et pertes importantes engendrées par les bouclages d’eau chaude sanitaire (rendement global hors génération 44,8%)

A lire sur Le Moniteur.fr : Eau chaude: ce qu’il faut changer pour que le BBC devienne réalité

Décrypter : influencés par nos voisins allemands, autrichiens ou suisses, nous sommes de plus en plus nombreux à opter pour des maisons dites ‘ écolos ‘. En France, le label BBC (Bâtiment Basse Consommation) deviendra la norme obligatoire pour toute construction, après 2013. ‘La maison France 5′ est allée à la rencontre des esprits novateurs : maison passive, à énergie positive, bâtiment basse consommation, on décrypte les nouveaux habitats écologiques.

A revoir  ensuite sur La maison France 5

Encrassement des filtres

Pour Olivier Sidler, l’observation la plus importante concernant les installations de ventilation réside dans « l’encrassement rapide des filtres au soufflage et les chutes de débit qui s’ensuivent ». « On a pu évaluer qu’après 4 mois, l’encrassement d’un filtre est tel qu’il réduit de 10% le débit soufflé. On a mis aussi en évidence qu’un simple nettoyage n’était, en général, pas suffisant, et ne lui permettait pas de retrouver ses qualités d’origine, ce qui avait pour conséquence un encrassement encore plus rapide. Enfin, l’absence totale de changement de filtre conduit à ce qu’au bout de 10 mois, il ne reste plus que 30 % du débit nominal qui est soufflé ». Conséquence: l’encrassement touchant davantage le filtre de soufflage, un déséquilibre des débits s’établit. »

Ce déséquilibre des débits entraîne des infiltrations d’air par les parois peu étanches.

Le résultat est un air froid qui pénètre dans le volume chauffé sans être préchauffé par l’échangeur double flux » explique le directeur d’Enertech. Il en découle une augmentation de la charge de chauffage variant de 7 à 10 kWh/an/m²Shab en énergie utile, selon l’opération.

via Ventilation: ce qu’il faut changer pour que le BBC devienne réalité – Bâtiment – Le Moniteur.fr.

[Le rapport complet sur un des 8 immeubles]

 

La consommation énergétique de 8 immeubles  de logements  BBC implantés au sein d’un des premiers écoquartiers français a été mesurée par le bureau d’études Enertech. Les résultats viennent d’être dévoilés. Ils font notamment ressortir  le décalage entre simulation et consommation réelle. Explications sur le poste chauffage.

A lire sur Chauffage: ce qu’il faut changer pour que le BBC devienne réalité – Bâtiment – Le Moniteur.fr.

« Pour l’isolation, Thierry Rieser constate que « la pose et le parement représentent généralement 80% du prix » ; doubler une faible épaisseur d’isolant ne fait donc pas doubler le prix de l’isolation, mais seulement l’augmenter de 20%. Il en déduit ainsi que le coût de l’isolation par l’extérieur, de loin la plus performante, dépend surtout du parement (enduit ou bardage) et peu de la résistance thermique.« 

Une étude menée par Enertech, par l’intermédiaire de Thierry RIESER, sur coûts de construction à lire sur Le moniteur.fr et le blog de l’habitat durable qui confirme qu’il faut aussi faire attention au surdimensionnement.

[l’étude complète]


A lire une synthèse d’un article du magazine Challenges du 31 mars 2011 sur le blog du site Maison Bois Kokoon