Construction d'une maison passive et durable en Lorraine
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Blower door test

Blower door test

n50 : 0,26

Q4Pa-surf : 0,04

La cible pour une maison RT2012 est un Q4Pa-surf inférieur à 0,6.
La cible pour une maison passive (PHI) est un n50 inférieur à 0,6.

La maison est donc 15 fois plus étanche que l’objectif d’une maison RT2012 et 2,3 fois plus étanche que l’objectif d’une maison passive.

Concrètement, ça représente une diminution de 4,5 % des déperditions thermiques totales de la maison par rapport à une maison qui atteindrait la valeur cible (n50 de 0,6).

Par rapport au test intermédiaire  dont le résultat du n50 était de 0,27, on en conclut que le second oeuvre à bien tenu compte de l’enveloppe d’étanchéité à l’air du bâtiment. C’est une excellente nouvelle.

Il faut également noter que cette excellente étanchéité est avant tout le résultat d’une conception qui facilite grandement le travail du second oeuvre (c’est moins facile de faire des trous dans de l’osb que dans un pare-vapeur) mais également d’une parfaite réalisation du constructeur.

J’ai participé il y a quelques semaines à une réunion de futurs propriétaires du nouvel éco-lotissement de Distroff (beau projet dont je vous reparlerai sans doute). J’ai tenté de partagé mon expérience de maître d’ouvrage dans la construction de cette maison tout en répondant aux interrogations des participants. Voici les réflexions que je me suis faites après cette rencontre.

Alors que j’ai rapidement fait le choix de construire un bâtiment passif, au moment du dépot de permis de construire j’aurais pu choisir de faire une maison au standard RT2005. Aujourd’hui, la donne est différente. La RT2012 devient la nouvelle réglementation thermique et le bâtiment que vous allez construire devra répondre aux critères de l’ancien label BBC2005 (avec quelques adaptations par rapport à celui-ci). Si vous vous êtes un peu renseigné, la marche pour la plupart des entreprises/artisans est gi-gan-tesque.

Je lisais récemment que 71% des bâtiments construits selon la RT2005 (en 2007) ne sont pas conformes à cette réglementation, essentiellement parce qu’il n’a pas été réalisée d’étude thermique (obligatoire). Les 2/3 des maisons ayant fait l’objet d’une étude thermique présentent une consommation conventionnelle d’énergie entre 150
et 200 KWh/m².an. La RT2012 vise 50 KWh/m².an (à moduler selon les zones climatiques).

La marche est gigantesque. Non seulement, l’objectif thermique passe de 230-150 kWh/m².an (garde-fou) à 50 kWh/m².an mais on constate en plus qu’en majorité les bâtiments qui ont été construits ne sont pas conformes à la réglementation en vigueur.

Plus encore qu’avec la réglementation thermique 2005, les artisans du bâtiment ne sont plus seulement contraints de répondre à une obligation de moyens mais doivent désormais se soumettre à une obligation de résultats. Bien. Mais le test étanchéité à l’air, principal témoin de la rigueur d’exécution dans ce domaine ne sera pas obligatoire pour tous. Ainsi, le constructeur qui justifie d’une démarche de qualité de l’étanchéité à l’air du bâtiment auprès du ministère en charge de la construction ne devra pas s’y soumettre. J’encourage les futurs maîtres d’ouvrage à ne sélectionner tout d’abord que des constructeurs qui s’engageront contractuellement à atteindre ce résultat.

L’étanchéité à l’air a un impact important sur la consommation de chauffage (fuites) mais elle influe également directement sur le rendement d’une ventilation double-flux. Une bonne étanchéité à l’air ne coûte rien. Elle impose une réflexion sur le système constructif qui permet d’assurer une continuité de l’enveloppe la plus simple possible (sans user de la mousse polyuréthane… ). Et elle impose une mise en oeuvre rigoureuse.

En ce qui concerne le coût des maisons RT2012, on parle d’un surcoût entre 5 et 20 %. Mais par rapport à quoi ? Par rapport au 2/3 des maisons non-conformes à la RT2005 ?
On peut lire sur PassivAct :

la RT2012 permet de choisir entre des bâtiments de mauvaise qualité mais dotés, entre autre, de systèmes actifs de chauffage très efficaces ou des bâtiments performants avec des systèmes de chauffage rudimentaires. Les constructions passives sont proches de cette dernière variante et présentent donc des coûts similaires. Avec cette option, les frais d’installation des systèmes de chauffage sont beaucoup plus faibles, ceux de fonctionnement sont en chute libre, les frais d’entretien sont presque inexistants et ceux de remplacements des matériels vétustes deviennent pratiquement nuls.

Aujourd’hui plus qu’hier, il me semble facile de choisir de construire une maison passive. On est quasiment au même coût de construction avec un concept qui a fait ces preuves. Le choix du constructeur/maitre d’oeuvre en sera simplifié : il faut rechercher l’expérience et la garantie du résultat (certification ou Blower door test par exemple).

Contrôler le coût de construction peut se faire différemment que par le choix de l’objectif de performance thermique. Faire une conception simple sans complexité superflue est plus économe que de vouloir réduire le niveau d’isolation. Une maison « pas-chère », c’est avant tout une maison bien conçue. Construction simple – systèmes simples -sans suréquipement.

En terme d’investissement, construire le bâtiment de demain plutôt que le bâtiment « réglementaire » me semble être le meilleur choix.

Pour terminer, voici un document qui présente une image « qualitative » globale de la construction à l’heure actuelle. Il s’agit d’un rapport publié en juin 2012 par L’Agence Qualité Construction qui met en avant tous les problèmes relevés sur 211 bâtiments basse consommation. Manques de compétences, travail « vite fait », manque de volonté, mauvaise conception, etc… C’est un bon document pour discuter avec votre futur constructeur !

C’est probablement le plus beau défi de l’homme de ce début du XXIème siècle: construire en respectant le plus possible la Nature et en évitant les énormes gaspillages de ces maisons issues d’un temps, où finalement la question de l’énergie ne se posait pas…

Qu’est-ce qu’une maison passive, comment la rendre étanche, comment l’isoler avec de la paille, comment maîtriser la qualité de l’air intérieur, avec quelle peinture la peindre?

En fait, la construction d’une maison permet de se poser toutes les questions concrètes de l’écologie.

A écouter ce vendredi 2 novembre 2012 à 9h10 sur RFI (ou en podcast ici :  Podcast – RFI / les mp3 : 1ère partie et 2ème partie).

Jaune : Apports solaire et internes / Gris : Besoin en chauffage d'appoint / Ligne bleue : Déperditions totales

Ce dernier week-end d’octobre, nous avons connu des températures négatives. Premier contact donc avec l’air sibérien de l’hiver qui approche alors que nous prenons les commandes de cette maison . A 11h14 aujourd’hui, mon constructeur m’interroge par SMS : « -3°C dehors. Quelle température avez vous ? ». Un oeil sur le thermomètre et je réponds : « Tant que y’a du soleil, c’est un peu facile : 23°C ». Oui, 23 °C dans les pièces de vies, 21,5°C dans les pièces nord, les panneaux solaires sont à 46°C. Seule la batterie de dégivrage de la VMC s’est mise en route pour éviter que l’échangeur thermique ne givre (entre 20 et 200 W de consommation supplémentaire tant que l’air aspiré est négatif).

Ca m’a fait repenser que les canadiens ont tendance à parler de « maison solaire passive » plus que de « maison passive » tout court. Chez nous on parle peut être plus de bioclimatisme mais le mot « solaire » à tendance à rester hors de cette dénomination. Et pourtant il est essentiel ce soleil.

Sur ce bâtiment passif, il a été possible de calculer avec PHPP (en kWh/(m².an) ) :

  • Déperditions thermiques conductives : 34,1
  • Déperditions thermiques aérauliques : 7,1
  • Déperditions thermiques totales : 41,2
  • Apports de chaleur internes : 10,7
  • Apports solaire : 18,5
  • Apports gratuits utilisables : 26,5 (total corrigé par le taux d’utilisation des apports gratuits : 91%)

Pour arriver à un besoin en chauffage : 41,2 – 26,5 = 14,7 kWh/(m².an) ( < 15 cqfd…)

On voit que l’apport solaire est important. Ca veut dire que la conception du bâtiment est essentiel. C’est évidemment vers le sud que doit se trouver la plupart des fenêtres si on veut optimiser la conception. Les contraintes du terrain font que nous avons plus de surface de vitrage à l’est (21,8 m²) qu’au sud (16 m²) et pendant la période de chauffe (de novembre à mars) ce sont bien les fenêtres au sud qui contribuent le plus aux apports solaires. En janvier par exemple, 99 kWh apportés par les vitrages est et 142 kWh par ceux du sud. Mais la construction est faites de bien des contraintes, j’y reviendrai.

C’est plutôt à la mi octobre que nous avons senti la maison se refroidir pour atteindre les 19-20°C. Sans soleil et avec des températures qui variaient entre 2 et 10°C, il semble que nous touchions les limites de notre enveloppe isolante. J’ai même dû brancher l’appoint du CESI.

Une petite remarque : l’inertie de la maison est composée essentiellement de 2 chapes béton de 8 cm (16 tonnes) et du parement en fermacell des murs et cloisons (11 tonnes).  Avec la pratique, je conçois aujourd’hui mieux l’intérêt de cette masse qui lisse la température. J’imagine que la maison se refroidirai beaucoup plus la nuit sans activité et sans soleil. Ici, nous perdons 1°C dans la nuit.

On voit sur l’image ci-dessus que l’appoint de chauffage n’est « statistiquement » pas nécessaire en octobre. La maison « colle » donc aux prévisions. En novembre, les apports solaires diminuent encore et les déperditions augmentent : il vaut se préparer à utiliser l’appoint de chauffage.

NB : A lire également sur le dossier de fiabitat sur le bioclismatisme et cet article sur le bioclimatisme et la rt2012

Confortable et agréable à vivre. Il ne suffit que de quelques minutes pour ressentir cette impression en pénétrant chez Gilles Artur. Sa maison est située dans le quartier du Cabellou à Concarneau. D’une superficie de 170 m2, elle est non seulement spacieuse mais aussi performante sur le plan énergétique. Les chiffres avancés par le propriétaire parlent d’eux-mêmes. « En chauffage, l’hiver dernier, nous avons dû dépenser 250 euros, précise Gilles Artur. Nous avons également divisé notre facture d’eau par deux grâce à des installations de récupération d’eau de pluie pour les toilettes, la machine à laver et les robinets extérieurs. »

A lire sur : Gilles a bâti sa maison tout seul « L’Hebdo du Finistère .

Le polyuréthane giclé à cellules fermées pose de nombreuses questions en raison des agents de gonflement qu’il contient et qui génèrent des gaz à effet de serre. La certification américaine « maison passive » (PHIUS) a décidé que son usage empêcherait la certification.

A lire sur Écohabitation.com

Les prochaines exigences durables pourraient également aller vers davantage d’éco-construction.

A lire sur  DOMOCLICK

Emmanuel Rollandeau est menuisier, charpentier depuis six ans. Il est chef d’équipe dans une entreprise fabriquant des maisons ossature bois. Sur un terrain acquis en 2009, il construit sa résidence principale. En février 2012 commencera à Saint Sauveur d’Aunis (17) la construction de la première maison, labellisée passive, de la région.

[..]Pour ce faire, le chantier sera ouvert à tous publics désirant travailler le bois et découvrir la construction d’une maison passive. Durant ce chantier participatif, les techniques de construction propre à l’ossature bois seront abordées : étanchéité à l’eau, pose des menuiseries, étanchéité à l’aire, ponts thermiques…

A lire sur : Bâtir une maison passive – ARCHITECTURE BOIS

Notre projet de construction concerne une habitation qui se veut respectueuse de l’environnement et dont la conception a été optimisée afin d’avoir un impact écologique le plus faible possible.

Loin de se limiter à la seule performance énergétique, le bâtiment est considérée dans sa globalité pour que le bilan en énergie grise et dégagement de C02 sur sa durée de vie (jusqu’à la déconstruction) soit pris en compte.

Pour atteindre l’objectif global de cette démarche citoyenne, il a été nécessaire de travailler sur plusieurs objectifs :

  1. Haute performance énergétique
    1. La conception thermique de la maison a comme objectif le standard « Maison Passive » allemand dont les besoins de chauffage s’élèvent à moins de 15 kWh par m² et par an. L’accent est mis sur les apports solaires, l’isolation, l’étanchéité à l’air et récupération de chaleur par le système de ventilation.
    2. Les besoins en eau chaude sanitaire seront couverts en partie par un chauffe-eau solaire.
  2. Maitrise de l’impact sur l’environnement global
    Les matériaux de construction seront choisis pour leur caractère durable, leur bilan carbone négatif et leur faible énergie grise. (Structure principale en bois, isolant en fibre de bois ou ouate de cellulose, etc…).
  3. Maitrise de l’impact sur l’environnement local
    1. Le bâtiment vise également une gestion optimisée des eaux pluviales grâce à des toitures végétalisées : rétention d’eau et évapotranspiration de l’eau de pluie, effet retard pour l’assainissement lors d’orages, remplace les espaces verts construits,
    2. L’eau de pluie sera récupérée afin de préserver nos ressources en eau potable,
    3. Fondations sur Technopieux : pas de modification du biotope, pas de déviation des écoulements, procédé réversible au moment de la déconstruction, permet la mise en place d’une dalle en bois (sans béton),
    4. Chemin d’accès perméable.
  4. Confort et santé
    1. Utilisation de matériaux sains,
    2. Pas de paroi froide grâce au triple vitrage,
    3. Mur perspirant (étanche à l’air mais auto-régulation hygrométrique),
    4. Renouvellement de l’air optimal par une ventilation double  flux à filtres. Les polluants sont évacués (formaldéhyde, solvants, particules en suspension, …) par l’apport d’air neuf filtré.
    5. Séparation du garage et de l’habitation : pas de vapeurs d’hydrocarbures dans le logement.
  5. Utilisation d’énergie renouvelable
    La maison sera approvisionnée en électricité provenant d’énergies renouvelables distribuée par Enercoop.

Seul le travail sur ces cinq cibles fait de cette habitation une construction réellement durable.

La construction sera réalisée à Thionville en Moselle.

• Le remboursement du financement d’une construction est un investissement au contraire des dépenses d’énergies inutiles mais trop souvent indispensables qui constituent un appauvrissement important.

• La Règlementation Thermique RT2012 annule pratiquement toute différence de prix avec les constructions passives au label Passivhaus.

• Le meilleur investissement à long terme résulte de la mise en œuvre du label Passivhaus.

A lire sur PassivAct.

A lire sur  habitat-durable.over-blog.com

 

 

 

Vert Ebène, 44 logements passifs … dans le Nord !!!

Au pied de la gare Lille Europe, la résidence « Vert Ebène » s’inscrit dans le cadre de l’aménagement de la ZAC Euralille 2, le projet porté par Partenord Habitat suit le concours lancé par la SAEM Euralille sur la réalisation de 44 logements sur le lot 6 du Bois Habité.